J’ai cherché le point dans mon parcours qui éclaire ma passion, qui me donne à connaître à la fois les sources et l’embouchure de ce fleuve où se mêlent l’énergie, l’envie et le plaisir.

C’est un point temporel, il y a quelques mois, qui célèbre ces années de recherches et de découvertes.
Et c’est un point géographique, en Crête, dans les gorge de Kato poros, lors d’une randonnée avec ma fille.
A une dizaine de mètres du sol ; longeant la falaise sur la traces des chèvres sauvages à l’endroit où la gorge est si étroite que les parois semblent se toucher au-dessus de moi. Je froisse les feuilles grises et duveteuses du dictame de Crète.

C’est mon cinquième voyage sur l’île et ma première rencontre avec cette espèce rare. Un moment qui me fait prendre conscience, qu’observant cet humble végétal dans une zone sauvage, c’est une rencontre plus vaste, avec la nature, les hommes qui l’ont façonné et étudié, avec notre histoire, notre culture et notre avenir.

Je me remémore le texte de Pline l’ancien dans son histoire naturelle « Le dictame ne se trouve pas ailleurs qu’en Crète. Il a les branches très menues, ressemble au pouliot, et est chaud et âcre au goût ». Près de deux mille ans nous séparent, je goute une feuille. Elle est brûlante et astringente, chaude et acre.

C’est la sensation de poursuivre la très ancienne relation entre l’homme et la nature, de recevoir et de transmettre pour les générations futures.

Categories: Actualités

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *